18.10.2009

projet humanitaire

L’HISTOIRE DE Francia:

Cette année, il y a trois mois maintenant, s'est passée une histoire triste, une histoire qui m'a bouleversée.
Cette histoire a été pour moi le déclic qui a déclenché la création de cette association, pour que cela n’arrive jamais plus.
Il s’agit de l’histoire d’une jeune fille de 15 ans qui s’appelle Francia, c’était une paysanne, une fille de la campagne qui vivait en ville à Vohémar pour poursuivre ses études en classe secondaire.
Francia et sa sœur de 13 ans, Dida, vivaient ensemble toutes seules à Vohémar, parce-que leur mère devait travailler dans leur village à la campagne mais qu'elles étaient obligées d'aller à l’école en ville .
J'étais proche de Francia car j'ai pris l’habitude de rendre visite aux élèves qui vivent seuls à Vohémar et dont les parents travaillent à la campagne, comme moi lorsque j’étais plus je jeune.
J’ai vu Francia pour la dernière fois en octobre dernier, quand j’étais en vacances à Vohémar. Je me souviens lui avoir dit de prendre soin d'elle et de continuer à bien travailler à l'école.
Mais à ce moment là, elle était déjà enceinte... elle ne me l’a pas dit ou bien elle l'ignorait aussi. Quelque mois plus tard on m’a dit que Francia avait quitté l’école et était retournée à la campagne parce qu’elle était enceinte.
Quatre mois après son retour, Francia est morte pendant l’accouchement, ainsi que son bébé.
Lorsque j’ai demandé ce qui s’est réellement passé, on m’a raconté qu’il y a eu une complication pendant l’accouchement : à la campagne, il n’y a pas de docteur ni de sage- femme, juste une « renin-jaza » (en malgache) EXPLIQUER CE QUE C'EST UNE RENIN JAZA
Francia a souffert pendant trois jours avec son bébé dans le ventre avant de mourir. Au quatrième jour sa mère a décidé de l'amener à l’hôpital de Vohémar, mais il était déjà trop tard. C’est là qu’elle est morte avec son bébé.
Elle n'avait que 15 ans, elle était tombée enceinte en classe de 5ème, tout cela par manque d’éducation, d’encadrement, d’affection et d’amour.
Le père de ce bébé a dit que l’enfant n’était pas de lui, il a dit cela parce qu’il ne voulait pas aller en prison car Francia était encore mineure. Il ne voulait pas d’enfant et a refusé d'assumer sa responsabilité.
Francia vivait toute seule avec sa petite sœur en ville sans parents, elle n’a eu personne pour la conseiller, la guider dans sa vie d’adolescente.
Elle faisait tout ce qu’elle pensait être juste et bien, mais elle ne savait pas quelle route elle devait suivre…personne n'a été là pour elle.
Je vous raconte tout cela parce que ce n’est pas la première fois qu’il y a un élève, une fille ou un garçon de la campagne qui meurt à cause d’un manque d’encadrement … chez nous.
Il y a eu des adolescents qui se sont suicidés parce qu’ils n'ont trouvé personne avec qui partager leurs problèmes, à qui il peuvent parler et qui pourra comprendre ce qu’ils ressentent.
Il y a des garçons qui se droguent et qui deviennent des voyous, des filles qui finissent par se prostituer …
Devant ce constat, les parents à la campagne font les mauvaises conclusions : ils disent que c’est mieux pour leurs enfants de rester à la campagne et d'aider les parents aux champs. Pour les filles, l'avenir c’est de trouver un homme et élever ses enfants, pour les garçons c’est de travailler dur pour avoir une femme et beaucoup d’enfants. Voila ce qui est considéré comme une réussite pour eux. Il y a donc beaucoup de parents de la campagne qui pensent que l’étude en ville ne fait qu'empoisonner leurs enfants. Et donc beaucoup d'enfants qui restent la campagne et n'ont pas accès a l'éducation à laquelle ils ont droit.